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Taxe d’habitation, impôt sur la fortune immobilière, plus-value à la revente, droits de succession : posséder une résidence secondaire dans la vallée du Mont-Blanc implique une fiscalité spécifique, encore plus sensible pour les propriétaires frontaliers suisses. Ce guide fait le point sur les règles applicables et les leviers pour anticiper la transmission de votre bien.
Contrairement à la résidence principale, une résidence secondaire ne bénéficie d’aucun régime de faveur : elle reste soumise à la taxe d’habitation et peut, selon votre patrimoine, entrer dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Voici les règles à connaître :
| Impôt | Qui est concerné | Montant / taux | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) | Tout propriétaire d’une résidence secondaire | Calculée sur la valeur locative cadastrale, majorée de 5 à 60 % dans les communes classées en zone tendue1 | Chamonix-Mont-Blanc applique une majoration de 50 %2 ; d’autres communes de la vallée peuvent également majorer la THRS — à vérifier auprès de la mairie |
| Impôt sur la fortune immobilière (IFI) | Foyers dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 M€ | Barème progressif de 0,5 % à 1,5 %, sans abattement pour une résidence secondaire3 | L’abattement de 30 % réservé à la résidence principale ne s’applique jamais à une résidence secondaire |
| Taxe foncière | Tout propriétaire | Fixée chaque année par la commune, sans plafond spécifique | Peut représenter un budget significatif dans les communes les plus demandées |
1 Source : Service-public.fr, taxe d’habitation sur les résidences secondaires. 2 Source : délibération municipale de Chamonix-Mont-Blanc, 2024 (majoration de 50 % applicable depuis 2025). 3 Source : Impots.gouv.fr, impôt sur la fortune immobilière. Barèmes 2026, à vérifier chaque année auprès des sources officielles.
À la revente, une résidence secondaire ne bénéficie pas de l’exonération totale accordée à la résidence principale. La plus-value réalisée est taxable, mais un abattement progressif s’applique selon la durée de détention du bien :
| Durée de détention | Impôt sur le revenu (19 %) | Prélèvements sociaux (17,2 %) |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | Aucun abattement | Aucun abattement |
| De la 6ᵉ à la 21ᵉ année | Abattement de 6 % par an | Abattement progressif, selon un barème spécifique |
| 22ᵉ année | Exonération totale | Non exonéré |
| 30ᵉ année | Exonération totale (acquise depuis la 22ᵉ année) | Exonération totale |
Au-delà de 50 000 € de plus-value taxable, une taxe supplémentaire de 2 % à 6 % peut s’appliquer. Source : Impots.gouv.fr, plus-values immobilières des particuliers. Barème détaillé à vérifier avec votre notaire au moment de la vente.
La vallée du Mont-Blanc attire de nombreux acheteurs résidant en Suisse, qu’il s’agisse de frontaliers travaillant à Genève ou de propriétaires suisses souhaitant un pied-à-terre en France. Sur le plan fiscal, un bien immobilier situé en France reste imposable en France, quel que soit le pays de résidence du propriétaire : taxe d’habitation, taxe foncière, IFI le cas échéant, et impôt sur la plus-value en cas de revente s’appliquent selon les mêmes règles que pour un résident français.
Le point le plus important concerne la succession : contrairement à une idée reçue, la France et la Suisse n’ont plus de convention fiscale sur les successions depuis le 1er janvier 2015, la précédente convention de 1953 ayant été dénoncée par la France. En l’absence d’accord, chaque État applique son propre droit, avec un risque réel de double imposition sur un bien transmis à des héritiers résidant en Suisse. Un accompagnement notarial des deux côtés de la frontière est fortement recommandé pour organiser la transmission d’une résidence secondaire dans ce contexte.
Depuis la dénonciation de la convention de 1953, aucun texte ne règle la double imposition des successions entre la France et la Suisse. Pour un propriétaire frontalier, anticiper ce point avec un notaire est essentiel — idéalement avant même l’achat.
Une résidence secondaire fait partie de la succession comme n’importe quel bien immobilier, avec les droits qui en découlent selon le lien de parenté.
Pour alléger la note fiscale de vos héritiers, plusieurs solutions permettent d’anticiper :
■ La donation, qui bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
■ La donation-partage, qui fige la valeur du bien au jour de la donation et limite les conflits entre héritiers
■ Le démembrement de propriété, qui réduit la base taxable de la donation.
Une estimation à jour de votre bien est un préalable indispensable pour calculer les droits et choisir la stratégie la mieux adaptée.
La donation et la donation-partage bénéficient toutes deux d’un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Leur différence principale : la donation-partage fige la valeur du bien au jour de l’acte et évite sa réévaluation lors de la succession, contrairement à une donation simple faite à un héritier unique.
La donation simple transmet un bien (en pleine propriété, nue-propriété ou usufruit) à un héritier, de manière ponctuelle.
La donation-partage répartit un ou plusieurs biens entre plusieurs héritiers en un acte notarié unique.
Un rendez-vous chez le notaire reste la seule manière de sécuriser la solution adaptée à la composition de votre famille et à la valeur actuelle du bien.
| Dispositif | Ce que ça permet | Abattement / conditions | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Donation simple | Transmettre un bien (pleine propriété, nue-propriété ou usufruit) à un ou plusieurs héritiers, de manière ponctuelle | 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans | Rapportable et réévaluée à sa valeur au jour du décès si faite à un héritier unique — source de litige si le bien a pris de la valeur |
| Donation-partage | Répartir un ou plusieurs biens entre plusieurs héritiers en un acte notarié unique | Mêmes abattements que la donation simple ; soulte possible si les lots ne sont pas égaux | Valeur figée au jour de l’acte : évite la réévaluation à la succession et limite les conflits entre héritiers |
| Donation-partage avec réserve d’usufruit | Combiner répartition entre héritiers et conservation du droit d’usage ou de revenus du bien par le donateur | Base taxable réduite à la valeur de la nue-propriété, selon le barème fiscal lié à l’âge de l’usufruitier (article 669 du Code général des impôts) | Nécessite un accompagnement notarial pour sécuriser la rédaction de l’acte et son articulation avec la succession |
Abattements et barème indicatifs — à vérifier auprès d’un notaire selon votre situation familiale, ces règles évoluant avec la loi de finances.
Le démembrement de propriété et la SCI familiale réduisent tous deux la base taxable d’une transmission, mais répondent à deux besoins différents : le démembrement sépare l’usufruit de la nue-propriété pour un donateur qui veut garder l’usage du bien, la SCI familiale organise la transmission progressive d’un bien détenu à plusieurs.
Le démembrement de propriété sépare la nue-propriété, donnée aux enfants, de l’usufruit, conservé par le donateur.
La SCI familiale remplace la propriété directe du bien par des parts sociales, plus faciles à transmettre progressivement.
| Dispositif | Ce que ça permet | Avantage fiscal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Démembrement de propriété | Donner la nue-propriété à un enfant tout en conservant l’usufruit (occupation ou revenus du bien) | Base taxable réduite à la valeur de la nue-propriété, selon l’âge de l’usufruitier (article 669 du CGI) | Le donateur perd la libre disposition du bien : l’accord de l’usufruitier est nécessaire pour le vendre |
| SCI familiale | Transformer la propriété directe en parts sociales, transmissibles progressivement à plusieurs héritiers | Mêmes abattements qu’une donation classique (100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans) | Nécessite la création et la gestion d’une société : statuts, comptabilité, assemblées |
| Démembrement + SCI combinés | Donner des parts de SCI en nue-propriété pour cumuler les deux mécanismes | Réduction de la base taxable et répartition organisée entre plusieurs héritiers | Montage plus complexe, à sécuriser avec un notaire et un conseiller fiscal |
Les deux outils peuvent aussi se combiner : donner des parts de SCI en nue-propriété cumule la réduction de la base taxable du démembrement et l’organisation collective de la SCI. Un accompagnement notarial est indispensable pour sécuriser ce type de montage.
Oui. Contrairement à la résidence principale, exonérée depuis 2023, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) reste due par tous les propriétaires. Dans certaines communes classées en zone tendue — c’est le cas de Chamonix-Mont-Blanc, qui applique une majoration de 50 % — elle peut être majorée de 5 % à 60 %.
L’exonération totale de l’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention, celle des prélèvements sociaux après 30 ans. Un abattement progressif s’applique dès la 6ᵉ année de détention.
Oui, dès lors que le patrimoine immobilier net du foyer dépasse 1,3 million d’euros. Contrairement à la résidence principale, qui bénéficie d’un abattement de 30 %, la résidence secondaire est intégrée sans abattement à l’assiette taxable.
Non, plus depuis le 1er janvier 2015 : la convention de 1953 a été dénoncée par la France. Chaque État applique désormais son propre droit en matière de succession, avec un risque de double imposition à anticiper avec un notaire pour un bien transmis à des héritiers résidant en Suisse.
Plusieurs leviers existent : la donation de son vivant (abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans), le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété avec conservation de l’usufruit) ou la mise en SCI familiale pour faciliter une transmission progressive par parts sociales.
Oui, systématiquement. Les règles de succession, de donation et de démembrement dépendent de votre situation familiale et patrimoniale précise. Un notaire — et un conseiller fiscal en cas de situation transfrontalière — est indispensable pour sécuriser la stratégie la mieux adaptée à votre cas.

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